lundi 9 juin 2008

Ferrari chicane sa place à PPDA...


Regardez-moi ce petit regard mouillé, on dirait qu'il vient d'apprendre la nouvelle... Figurez-vous que j'ai été ému ce matin en apprenant la disparition cathodique de PPDA, sur la première chaine en tout cas... Un long moment, je me suis dis que c'était pas normal. Quand je pensais à PPDA, on a l'image de l'homme de culture, de l'écrivain, en un mot du grand professionnel. PPDA c'est d'abord une voix, à la limite de la timidité, une expression tellement sobre et discrète qu'elle semble être une excuse tacite pour annoncer de mauvaises nouvelles...
Mais la tristesse est passée lorsque j'ai allumé ma télévision ce soir à 20 heures. J'ai retrouvé l'oeil triste, quoiqu'un petit peu ironique (mine de rien, sourire en coin, tout en allusion, regard droit à la caméra, princier, le vrai professionnel). Et là, je me suis rendu compte que j'avais zappé les journaux du champion depuis bien longtemps: une longue ouverture sur l'euro de football, la nouvelle religion de la chaîne, et donc de la France, puis des reportages assez déplorables, qui vous expliquait par exemple comment éviter que vos enfants chutent d'une fenêtre.
Je me demande alors : qu'est-ce qui a bien pu me rendre si triste à l'idée de PPDA quittant TF1 ? J'ai plusieurs explications. Tout d'abord, l'habitude. C'est fou, la force d'une image mentale, la force qu'elle met à toujours s'imposer, et s'imposer à nouveau. Je savais, sans le voir, que tous les soirs, PPDA présentait son journal, comme depuis 1987. Deuxio, le capital sympathie qui fait la force de PPDA. On l'a vu, elle ne vient pas principalement des reportages qu'il lance, mais du phénomène Guignols de l'Info, qui en a fait une icône et, qui plus est, un être qui nous est proche, car sorti du simple cadre du journalisme. Enfin, c'est le sentiment de compassion qui nous assaille lorsqu'un de nos semblables se voient dans une mauvaise passe, c'est la pitié devant le vieux que l'on met à la porte pour le remplacer par le jeune - destin qui, nous le sentons tous, sera un jour le notre. Nous ne sommes que des machines humaines. Pleurerons nous donc pour ce départ programmé de PPDA ? Probablement pas...

Nuances (ajout du 14/06) : http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/331994.FR.php

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