vendredi 11 mars 2011

2012 année des Mayas ?

Je regarde en ce moment les cours de Jancovici devant les étudiants de l'école des Mines. Le propos est clair, illustré, percutant. L'orateur se veut loin des approximations médiatiques et d'un présumé "bon sens" souvent pris en défaut. Et ça marche très bien !
Que dit le professeur de révolutionnaire ? Le raisonnement est simple, je le résume ainsi :
énergie pas chère = croissance, progrès sociaux
mais stock d'énergie de nature fini, raréfaction --> hausse du prix de l'énergie --> chute de l'économie
+ contrainte environnementale de baisser nos émissions de CO2 (...) au plus vite
= CHAOS à court ou moyen terme (notre génération et la suivante)
Oui, ça fait peur ! Mais ça vaut le coup d'être vu. Et sûrement le meilleur moyen de vulgarisation de la taxe carbone. Ça doit valoir un argumentaire de Mme Royal. Enfin, je pense...

Elections toujours : les cantonales !

Décidément, ce blog ne parle presque que de politique. Trop de politique ? D'avis d'un sondeur, "en France, on entretient un rapport passionné à la politique". Alors, à la vie à la mort ? Visiblement, les Français aiment peut-être la politique mais détestent leurs politiciens. C'est ce que semblent vouloir indiquer les multiples sondages qui pointent une montée du FN. Une énième, pour dire vrai.

Montée du FN
Le FN a changé. Son visage a changé au moment où l'Europe a une poussée de nationalisme. Son image se veut plus présentable, plus présidentiable. Pourquoi cette montée ? A qui la faute ?
Le gouvernement n'y est sûrement pas pour rien. Sarkozy se félicitait d'avoir ramené à lui les électeurs du FN. Aujourd'hui selon le sondage Harris-interactive il semble que 20% des électeurs qui avaient voté Sarkozy aux dernières élections se reportent vers Marine Le Pen. Chiffre énorme, s'il est vrai... Preuve d'un échec, qui est même avoué du bout des lèvres par certains responsables de l'UMP.
Le PS est-il en cause ? Joue-t-il la carte de la montée du FN ? La montée du FN traduit-elle le fait que les électeurs face à un gouvernement avec peu de résultats et une opposition peu crédible n'ait que le front national pour exprimer sa révolte ? Peut-être. Mais globalement, c'est probablement la trop forte proximité des idées entre les deux grands partis qui troublent les électeurs. Quelles différences sur les points suivants en effet :
  • l'Europe
  • la France dans la mondialisation
  • le déclin de l'industrie, les délocalisations
  • la dette de l'Etat
L'électeur ne voit probablement que des différences de valeurs, mais peu de différences de politiques publiques. Sarkozy est passé maître dans l'art des débats provocateurs sur les valeurs à propos de réformes dont le contenu est nul ou marginal. L'opposition se complaît à lui suivre sur ces terrains. Le résultat est le sentiment d'un grand spectacle qui n'amuse plus grand monde. Le tout orchestré par des sondages, si ce n'est mensongers, au moins de mauvaise foi. Bienvenue dans le monde 2.0.

DSK président ?
Dans ce contexte que penser d'une candidature de Dominique Strauss-Kahn ? Une communication rodée l'emmène dans un fauteuil. Rien ne semble pouvoir lui échapper. Et pourtant... Incarnant le mondialisme et le monde des affaires, sera-t-il en résonance avec l'air du temps qui semble aller dans la direction inverse ?
Un feuilleton semble passionner les rédactions, donc faisons cesser le suspense : oui, il sera candidat. Pour le meilleur, ou pour le pire ?

Et l'UMP dans tout ça ?
Que doit faire l'UMP ? Quelles actions s'offrent à elle ? Analysons :
  1. son chef est impopulaire, son bilan n'est pas perçu favorablement par les Français, au point que les candidats UMP aux cantonales négligent de l'invoquer sur leurs affiches de campagne. Espoir : Nicolas Sarkozy est bon pour gagner les élections. C'est son côté Chirac : au pouvoir, personne ne pouvait dire pourquoi on l'avait mis là, mais lors des élections, il était toujours élu. Problème : il est dépassé à sa droite par Marine Le Pen et l'UMP se trouve sans réserve de voix.
  2. Solution n°1 : suivre le FN et remplir les bateaux comme Françoise Brunel. Qu'est-ce à dire ? C'est qu'à terme, le FN participerait à un gouvernement UMP. Faire rentrer le FN dans le système pour le mettre hors jeu. Chirac y avait pensé, parait-il. Sarkozy le fera-t-il ? Difficile, comme le montre les réactions plus que mitigées aux propos de Mme Brunel.
  3. Solution n°2 : perdre pour mieux gagner. L'UMP risque de perdre la prochaine présidentielle. Après tout, près 3 mandats présidentiels, on se dira que c'est une alternance qui reste tout de même au bénéfice de l'UMP. Et puis cela permettrait sûrement de regagner un peu de pouvoir au niveau local...

dimanche 14 mars 2010

Elections régionales

Quelques notes d'analyse des élections régionales.

Abstention :
Le chiffre de l'abstention est fort. Beaucoup pointent son augmentation par rapport aux dernières élections régionales. Plusieurs explications.
D'une part, c'est la première fois que les régionales ne sont pas groupées à une autre élection, qui boostaient souvent les scores de la participation. C'est probablement pourquoi les comparaisons avec les élections régionales précédentes en termes de participation est sûrement abusive.
Néanmoins, cela n'explique pas la raison fondamentale de cette abstention, qui est que la région n'est pas identifiée encore comme un lieu de pouvoir (ou de contre-pouvoir) disposant de leviers dignes de ce nom. Les régions françaises n'ont pas l'influence de leurs équivalentes allemandes par exemple, aux compétences plus visibles. Les électeurs considèrent donc les régionales comme une élection "mineure".
Pour rendre cette élection mineure attractive, tous les partis ont tenté de nationaliser cette élection, la gauche notamment en présentant la région comme un contre-pouvoir. L'UMP sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy a tenté de faire la même chose, mais a du faire marche arrière lorsque ce dernier a réalisé que son bilan était globalement mal jugé par les Français. Il s'est donc mis à l'écart de cette élection, tout en la dirigeant dans l'ombre (ce qui est dans la logique de ce qui s'est toujours fait). Dire aujourd'hui que nationaliser l'élection a fait monter l'abstention est selon moi inexact, voire un mensonge intellectuel.
Je ne pense pas non plus que l'abstention traduit un dégoût de la politique, comme on pourrait le diagnostiquer si un tel score de participation était obtenu lors de présidentielles par exemple.

Les perdants.
Parmi les perdants du premier tour, il y a le Modem et l'UMP. Perdants du premier tour, car un second tour, tout au moins pour l'UMP, est à venir et peut rééquilibrer les choses, au moins du point de vue symbolique, c'est-à-dire s'il y a une victoire dans une région emblématique.

Le Modem
Le Modem est perdant, la stratégie de son chef est remise en cause. En réalité, François Bayrou a joué perso dans cette élection. Il a fait passer (probablement consciemment) son message de la présidentielle en négligeant de montrer l'intérêt du Modem dans les régions, et les candidats présentés n'ont pas pu s'imposer dans ce cadre. Cela ne veut pas dire qu'il faut enterrer le Modem. Aux présidentielles, Bayrou a toutes ses chances si le contexte lui est favorable. Et le contexte dont il doit rêver est une dette qui s'envole, sous l'effet des spéculations financières, comme en Grèce. Dans ce cas, il serait idéalement placé entre la droite qui refuserait de parler de hausses d'impôts et la gauche incapable d'avoir un discours de rigueur. Sans cela, ses chances seraient réduites. Il y a fort à parier que François Bayrou s'empare dans les mois à venir d'un discours sur la dette (il a déjà commencé d'ailleurs à le faire) pour amplifier sa crédibilité sur le sujet.

L'UMP
L'UMP apparaît battue au premier tour, avec un score faible et des dispositions en régions très décevantes (avec des triangulaires avec le FN notamment). Le pari de faire baisser le FN est perdu, puisque ce dernier peut se maintenir dans plusieurs régions, et empêche dès lors l'UMP de pouvoir envisager une victoire. L'argumentaire de l'UMP pour remonter a probablement été donné par l'Elysée dès la bérézina connue : tenter de pointer les divisions PS/Verts (et dans des proportions bien moindres PS/Front de gauche) et parler de magouilles électorales. Cet argument est néanmoins bien faible, et à compter qu'il porte, il n'apportera aucune voix à l'UMP (autrement dit profitera à l'abstention). Or, le véritable problème de l'UMP est d'abord qu'elle est la principale victime de l'abstention, et plus faiblement que certains électeurs aux présidentielles de Sarkozy sont retournés au FN (notamment dans les régions où ce dernier fait les meilleurs scores). L'argumentaire que l'UMP a tenté de lancer sur une hausse des impôts dans les régions socialistes (notamment par Xavier Bertrand sur les plateaux ce soir) semble dangereux pour l'UMP puisqu'il faut rappeler que les plus grandes hausses des impôts dans les régions ont eu lieu, me semble-t-il, en Alsace, dirigée par l'UMP [cet argument est contesté par la majorité - cf. Xavier Bertrand France Inter 16/03-, à vérifier donc...]. Ce qui risque de leur arriver en plein dans la figure.

Les gagnants
Les gagnants sont au FN et à gauche.

FN
Le FN fait certes un score inférieur aux dernières élections régionales, mais remonte par rapport aux présidentielles, avec des scores assez inquiétants dans le Nord et en PACA. Le débat inutile et sans effets sur l'identité nationale a peut-être remonté certains électeurs. Le FN a peut-être aussi profité de l'abstention. Cependant, il est probable que la crise a redonné du tonus à l'argumentaire du FN, de même que l'ouverture réalisée par Nicolas Sarkozy.
Ce succès ne me semble pas durable, en tout cas pas au point d'envisager dans la situation actuelle un scénario comme lors du 21 avril 2002 lors des prochaines présidentielles. Certes Marine le Pen va présenter un nouveau visage du FN, plus adouci et donc plus insidieux, qui peut être dangereux dans des périodes de crise. Néanmoins, une partie de son électorat le plus dur acceptera sans doute mal cette transition, sachant que Jean-Marie Le Pen attirait beaucoup ses électeurs par ses dérapages incontrôlés.
La montée du FN, que Sarkozy nous avait annoncé mort, est néanmoins préoccupante et à ne pas négliger, surtout lorsqu'on la met en regard avec l'abstention forte.

A gauche
Le PS a doublement gagné ces élections. D'une part en finissant devant la droite au national. D'autre part en imprimant son leadership à gauche face à Europe Ecologie, euphorisée par les dernières élections. Cela permettra au PS de garder la direction sur les thèmes de campagne et la ligne directrice, ce qui n'aurait pas été le cas si Europe Ecologie s'était trouvée en position de force dans une région. Tout le jeu sera donc de trouver des compromis, influencés par les scores respectifs du premier tour, en gommant les différences entre les divers programmes jusqu'alors.
Europe Ecologie peut espérer des sièges et des accords favorables, d'autant plus si des perspectives présidentielles sont mis sur le tapis. De là à imposer sa voix dans les régions, cela est peu probable vu le rapport des forces. Le danger écologiste est temporairement écarté pour le PS. Les propos dissonants récents sur le thème de l'écologie devraient à terme l'aider. Quant à savoir si ces propos sont justes...
Les présidents socialistes sortants n'ont pas été sanctionner contrairement au discours de la droite, puisque leur score est lié à l'éparpillement PS/Verts/Parti de gauche. Ils devraient obtenir des scores comparables au second tour que ceux qu'ils avaient eu lors des dernières élections. Ce qui ne veut pas dire que beaucoup restent peu connus et visibles pour les électeurs.
Le parti de gauche fait un bon résultat, et montre qu'il a une place dans le jeu politique. La crise devrait d'autant plus le faire monter d'ici à la présidentielle. La question de l'alliance PS/Modem est cependant loin d'être réglé, contrairement à ce que dit monsieur Mélenchon, car ce score des régionales est absolument déconnecté du score que ferait monsieur Bayrou à une présidentielle. Là encore, le contexte de la présidentielle sera déterminant. Si la dette explose, Bayrou n'aura aucun intérêt, tout au contraire, avec les socialistes. Dans le cas contraire, il aura un dilemme. L'ampleur de la crise dira alors si le PS a intérêt à se tourner vers le centre ou vers la gauche.
Reste le cas Royal, qui fait un bon score en Poitou-Charente. Néanmoins, à écouter sa réaction, elle semble ne pas avoir compris le jeu qui se joue, en ayant un discours assez agressif envers ses futurs partenaires d'Europe Ecologie, qui selon elle n'aurait pas compris l'intérêt d'une alliance avant le premier tour. Mais c'est un moyen de se mettre en avant face à la tactique Aubry qui consistait à laisser les écolos montrer leur force au premier tour. Le résultat a donné raison à Aubry, qui limite les réclamations possibles d'Europe Ecologie.

Et le second tour ?
Le report des voix sera sûrement loin d'être systématique entre Europe Ecologie et le PS. Néanmoins, comme l'UMP n'a aucune réserve de voix, que le FN est souvent en embuscade, et que probablement la plupart des électeurs de droite abstentionnistes ne voient que peu d'inconvénients à un président de région socialiste, le PS devrait faire une bonne opération la semaine prochaine, mais sûrement de manière plus serrée que ce que les mathématiques électorales pourraient le laisser croire. Le FN devrait confirmer et l'abstention, sauf si l'UMP refuse de capituler et se bat très fort, devrait se maintenir. On le saura très vite. Soit en début de semaine, tout le débat se focalise sur PACA et dans ce cas, cela voudra dire que l'UMP accepte une défaite quasi-totale. Soit la campagne menée par l'UMP change du tout au tout ce qui signifierait que l'UMP mène bataille et croit pouvoir limiter la casse. Et dans ce cas, l'abstention pourrait baisser un peu, mais sans inverser sensiblement la tendance. Le traitement médiatique reste également une grande inconnue.
On verra ça la semaine prochaine.

vendredi 26 juin 2009

Bambi est mort !

La nouvelle a surpris les noctambules, ou nous a cueilli ce matin... Mickael Jackson, le roi autoproclamé de la pop est mort dans la nuit. Tout le monde est formel, on a même vu de superbes photos de la star à l'agonie... Tout va bien, donc...
On n'a pas à classer les morts, ni la douleur : les médias s'en chargent fort bien eux-mêmes. Et quand les journaux TV des deux chaînes éclipsent tout autre événement devant la mort du chanteur, quand une interview d'Antoine de Caunes et de MC Solar par Claire Chazal (ah, les interviews de Claire Chazal... !) dont le sujet était à l'origine les Solidays arrive à parler la moitié du temps de M. Jackson... ne se dit-on quand même pas un peu qu'on en fait trop ? Quand les J.T. nous font un reportage sur la vie de l'artiste, le moonwalk, les jackson 5, les circonstances de la mort, le témoignage des amis, le témoignage des fans, le tout à la suite, toujours pas d'indigestion ?
Disons cependant que l'on en fait assez. Dans ce cas comment se fait-il que la mort de Pierre-Gilles de Gennes par exemple, prix Nobel de physique 1991 et pédagogue reconnu n'ait même pas fait l'objet d'une brève dans les journaux ? Pas assez télégénique, ce mort ? Sûrement pas assez d'archives, de temps pour en parler, trop d'actualité ... "Les gens ne le connaissaient pas, on n'en avait jamais parlé avant.", etc., etc.. Et je parie que Jean-Michel Aphatie écrira sur son blog que les journalistes ont parfaitement fait leur travail dans cette affaire, bravo pour le classement journalistique les mecs !
Hélas la gloire médiatique semble perdurer jusque dans la mort. Et sans nier le talent de Mickael Jackson, je persiste à croire qu'on pourrait en faire moins aujourd'hui et un peu plus le reste du temps.
On a besoin d'émotions collectives pendant cette crise pour se remettre d'aplomb. Avec un peu de chance, ils vont lyncher le médecin... Attendons de voir : on n'a pas encore tout vu !

jeudi 10 juillet 2008

Ingrid, PPDA, Ségo et les autres...

Donnez votre avis, surtout si personne ne vous le demande...
1. Semaine folle pour l'info : Ingrid libre ! Le traitement de l'émotion laisse toujours un goût étrange à la télévision. D'autant plus l'émotion orchestrée et mise en scène que ce soit à l'Elysée ou ailleurs... Et on en est à se demander : et si on la laissait tranquille avec sa famille ?
2. Semaine folle pour l'info, suite. Dernier JT de PPDA ce soir. Le pseudo événement médiatique par excellence. La ménagère pleurait ce soir, puisque 55% des téléspectateurs semblent regretter le choix de TF1 de voir partir PPDA de l'antenne. Je sais, j'ai déjà parlé de tout ce que j'en pense de PPDA. Oui, mais bon, analysons quand même ce dernier JT, pour le plaisir. Sur le fond, rien de bien neuf. La naissance des girafes inspire beaucoup PPDA. Mais regardons surtout le message final : " ce lien, il est unique, nul ne peut le défaire", "je vous en de bonnes mains... pendant l'été", "et je suis sûr qu'on se reverra très vite" - dites donc voir, il n'y aurait pas de messages subliminaux là-dedans ? Un peu comme dans les images finales de PPDA qui pose des questions dérangeantes aux trois derniers présidents de la république... Clin d'oeil à Sarko !
3. Cet adieu m'a un peu rappelé le discours de Ségolène Royal après sa défaite aux présidentielles. Le même ton : c'est fini mais ça ne fait que commencer. De quoi parle-t-on donc en ce moment à propos de Ségolène Royal qui disait dans son discours donc "Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles". De quoi parle-t-elle alors que Sarko modifie de façon radicale les conditions de travail ? Du cambriolage de son appartement. Ah bon !

lundi 9 juin 2008

Ferrari chicane sa place à PPDA...


Regardez-moi ce petit regard mouillé, on dirait qu'il vient d'apprendre la nouvelle... Figurez-vous que j'ai été ému ce matin en apprenant la disparition cathodique de PPDA, sur la première chaine en tout cas... Un long moment, je me suis dis que c'était pas normal. Quand je pensais à PPDA, on a l'image de l'homme de culture, de l'écrivain, en un mot du grand professionnel. PPDA c'est d'abord une voix, à la limite de la timidité, une expression tellement sobre et discrète qu'elle semble être une excuse tacite pour annoncer de mauvaises nouvelles...
Mais la tristesse est passée lorsque j'ai allumé ma télévision ce soir à 20 heures. J'ai retrouvé l'oeil triste, quoiqu'un petit peu ironique (mine de rien, sourire en coin, tout en allusion, regard droit à la caméra, princier, le vrai professionnel). Et là, je me suis rendu compte que j'avais zappé les journaux du champion depuis bien longtemps: une longue ouverture sur l'euro de football, la nouvelle religion de la chaîne, et donc de la France, puis des reportages assez déplorables, qui vous expliquait par exemple comment éviter que vos enfants chutent d'une fenêtre.
Je me demande alors : qu'est-ce qui a bien pu me rendre si triste à l'idée de PPDA quittant TF1 ? J'ai plusieurs explications. Tout d'abord, l'habitude. C'est fou, la force d'une image mentale, la force qu'elle met à toujours s'imposer, et s'imposer à nouveau. Je savais, sans le voir, que tous les soirs, PPDA présentait son journal, comme depuis 1987. Deuxio, le capital sympathie qui fait la force de PPDA. On l'a vu, elle ne vient pas principalement des reportages qu'il lance, mais du phénomène Guignols de l'Info, qui en a fait une icône et, qui plus est, un être qui nous est proche, car sorti du simple cadre du journalisme. Enfin, c'est le sentiment de compassion qui nous assaille lorsqu'un de nos semblables se voient dans une mauvaise passe, c'est la pitié devant le vieux que l'on met à la porte pour le remplacer par le jeune - destin qui, nous le sentons tous, sera un jour le notre. Nous ne sommes que des machines humaines. Pleurerons nous donc pour ce départ programmé de PPDA ? Probablement pas...

Nuances (ajout du 14/06) : http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/331994.FR.php

mardi 3 juin 2008

La jetée de Chris Marker


C'est un film old fashion, avec une de ces voix off aux prononciations inimitables, du temps où on ne disait pas voix off, mais "récitant". C'est un film plein de beauté dans les plans, les regards, les contrastes. C'est du noir et blanc plein de couleurs. C'est du roman photo plein de vie, de mouvement... Un roman photo aussi pour dire que l'on peut faire du beau et du signifiant avec du figé. Ce figé-là donne de la profondeur, de la gravité. Ici on parle de guerre, de destin, d'un homme. Si ce film est visionnaire c'est aussi dans son atmosphère de science-fiction avant Hollywood. Vous avez vu l'armée des 12 singes ? Et bien, ça nous vient tout droit de la Jetée.
Bonne nouvelle également : ce film, vous pouvez le voir sur Internet ! Si, si, sur Dailymotion ! Je vous laisse regarder...