On n'a pas à classer les morts, ni la douleur : les médias s'en chargent fort bien eux-mêmes. Et quand les journaux TV des deux chaînes éclipsent tout autre événement devant la mort du chanteur, quand une interview d'Antoine de Caunes et de MC Solar par Claire Chazal (ah, les interviews de Claire Chazal... !) dont le sujet était à l'origine les Solidays arrive à parler la moitié du temps de M. Jackson... ne se dit-on quand même pas un peu qu'on en fait trop ? Quand les J.T. nous font un reportage sur la vie de l'artiste, le moonwalk, les jackson 5, les circonstances de la mort, le témoignage des amis, le témoignage des fans, le tout à la suite, toujours pas d'indigestion ?
Disons cependant que l'on en fait assez. Dans ce cas comment se fait-il que la mort de Pierre-Gilles de Gennes par exemple, prix Nobel de physique 1991 et pédagogue reconnu n'ait même pas fait l'objet d'une brève dans les journaux ? Pas assez télégénique, ce mort ? Sûrement pas assez d'archives, de temps pour en parler, trop d'actualité ... "Les gens ne le connaissaient pas, on n'en avait jamais parlé avant.", etc., etc.. Et je parie que Jean-Michel Aphatie écrira sur son blog que les journalistes ont parfaitement fait leur travail dans cette affaire, bravo pour le classement journalistique les mecs !
Hélas la gloire médiatique semble perdurer jusque dans la mort. Et sans nier le talent de Mickael Jackson, je persiste à croire qu'on pourrait en faire moins aujourd'hui et un peu plus le reste du temps.
On a besoin d'émotions collectives pendant cette crise pour se remettre d'aplomb. Avec un peu de chance, ils vont lyncher le médecin... Attendons de voir : on n'a pas encore tout vu !