vendredi 11 mars 2011

Elections toujours : les cantonales !

Décidément, ce blog ne parle presque que de politique. Trop de politique ? D'avis d'un sondeur, "en France, on entretient un rapport passionné à la politique". Alors, à la vie à la mort ? Visiblement, les Français aiment peut-être la politique mais détestent leurs politiciens. C'est ce que semblent vouloir indiquer les multiples sondages qui pointent une montée du FN. Une énième, pour dire vrai.

Montée du FN
Le FN a changé. Son visage a changé au moment où l'Europe a une poussée de nationalisme. Son image se veut plus présentable, plus présidentiable. Pourquoi cette montée ? A qui la faute ?
Le gouvernement n'y est sûrement pas pour rien. Sarkozy se félicitait d'avoir ramené à lui les électeurs du FN. Aujourd'hui selon le sondage Harris-interactive il semble que 20% des électeurs qui avaient voté Sarkozy aux dernières élections se reportent vers Marine Le Pen. Chiffre énorme, s'il est vrai... Preuve d'un échec, qui est même avoué du bout des lèvres par certains responsables de l'UMP.
Le PS est-il en cause ? Joue-t-il la carte de la montée du FN ? La montée du FN traduit-elle le fait que les électeurs face à un gouvernement avec peu de résultats et une opposition peu crédible n'ait que le front national pour exprimer sa révolte ? Peut-être. Mais globalement, c'est probablement la trop forte proximité des idées entre les deux grands partis qui troublent les électeurs. Quelles différences sur les points suivants en effet :
  • l'Europe
  • la France dans la mondialisation
  • le déclin de l'industrie, les délocalisations
  • la dette de l'Etat
L'électeur ne voit probablement que des différences de valeurs, mais peu de différences de politiques publiques. Sarkozy est passé maître dans l'art des débats provocateurs sur les valeurs à propos de réformes dont le contenu est nul ou marginal. L'opposition se complaît à lui suivre sur ces terrains. Le résultat est le sentiment d'un grand spectacle qui n'amuse plus grand monde. Le tout orchestré par des sondages, si ce n'est mensongers, au moins de mauvaise foi. Bienvenue dans le monde 2.0.

DSK président ?
Dans ce contexte que penser d'une candidature de Dominique Strauss-Kahn ? Une communication rodée l'emmène dans un fauteuil. Rien ne semble pouvoir lui échapper. Et pourtant... Incarnant le mondialisme et le monde des affaires, sera-t-il en résonance avec l'air du temps qui semble aller dans la direction inverse ?
Un feuilleton semble passionner les rédactions, donc faisons cesser le suspense : oui, il sera candidat. Pour le meilleur, ou pour le pire ?

Et l'UMP dans tout ça ?
Que doit faire l'UMP ? Quelles actions s'offrent à elle ? Analysons :
  1. son chef est impopulaire, son bilan n'est pas perçu favorablement par les Français, au point que les candidats UMP aux cantonales négligent de l'invoquer sur leurs affiches de campagne. Espoir : Nicolas Sarkozy est bon pour gagner les élections. C'est son côté Chirac : au pouvoir, personne ne pouvait dire pourquoi on l'avait mis là, mais lors des élections, il était toujours élu. Problème : il est dépassé à sa droite par Marine Le Pen et l'UMP se trouve sans réserve de voix.
  2. Solution n°1 : suivre le FN et remplir les bateaux comme Françoise Brunel. Qu'est-ce à dire ? C'est qu'à terme, le FN participerait à un gouvernement UMP. Faire rentrer le FN dans le système pour le mettre hors jeu. Chirac y avait pensé, parait-il. Sarkozy le fera-t-il ? Difficile, comme le montre les réactions plus que mitigées aux propos de Mme Brunel.
  3. Solution n°2 : perdre pour mieux gagner. L'UMP risque de perdre la prochaine présidentielle. Après tout, près 3 mandats présidentiels, on se dira que c'est une alternance qui reste tout de même au bénéfice de l'UMP. Et puis cela permettrait sûrement de regagner un peu de pouvoir au niveau local...

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